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Ou, ma propre mise en abîme!

Réflexions sur la direction artistique de la fondation… Ou, ma propre mise en abîme!


Avertissement au lecteur


Ce texte fut rédigé depuis le désert — cet espace aride où l’on croit avoir tout compris précisément parce qu’on n’a plus rien à perdre. C’est la confession d’un homme qui, ayant épuisé les ressources de l’intellect, se tenait nu devant sa propre vacuité.


Depuis, quelque chose s’est produit. Non pas une réponse, mais un chemin. Le commissaire qui écrivait ces lignes cherchait à s’élever au-dessus de sa condition par la pensée ; celui qui les relit aujourd’hui a découvert qu’on ne transcende rien par l'intellect sans — éprouver le chemin... Recycler sa propre matière, ses points de vue, ses angles morts : voilà les passages.


Que ce témoignage serve donc de vestige archéologique d’une traversée. Il documente le moment précis où, ayant reconnu son impuissance, l’auteur devint enfin disponible pour recevoir.


Car c’est ainsi que les choses adviennent : au creux de la sécheresse, quelqu’un tend la main. Quelqu’un voit en vous ce que vous ne voyez plus. Quelqu’un vous offre non pas une réponse, mais une matière à transformer — et en la transformant, vous vous transformez vous-même.


Merci à Sabrina Brochu, qui fut cette main tendue. La vie.


Laurent Bonet

Mont-Saint-Hilaire, 2025



Ce qui suit fut écrit en 2024 après Couples artistes.​​​​​​​​​​​


Comme vous le savez, en restant attentifs aux impératifs d’un positionnement clair pour la Fondation Jordi Bonet, nous souhaitons proposer une approche qui offre une alternative aux standards actuels de l’écosystème culturel, en tenant compte du contexte qui a mis à l’épreuve les idées dominantes. Je ne veux pas simplifier sous prétexte que l’exercice de réflexion serait trop complexe ou déconnecté de la réalité. Vos contributions m’aident à affiner notre vision et à l’ancrer dans la réalité concrète, évitant ainsi toute “aporie” dans notre raisonnement. Cette interaction nous permet de progresser vers une définition de nos objectifs plus en adéquation avec les enjeux sociaux et sociétaux, en accord avec notre mission. Pour l’instant, cette réflexion reste entre nous.


Mais avant tout, démasquons le grand usurpateur…


Je savoure l’ivresse des érudits, ces esprits sagaces émergés du sanctuaire universitaire. À présent, leurs appréhensions me deviennent diaphanes : eux aussi sont menacés par cette déchéance abrupte, celle qui dépouille de ce fabuleux pouvoir acquis au prix d’une abnégation sans bornes. Une réminiscence émerge de la pénombre opaque de ma mémoire : le jeu atavique du serpent et de l’échelle. Il illustre avec une acuité saisissante cette vérité désormais occultée ; la Providence donne et puis reprend dans son insondable dessein. Aurais-je découvert quelque subterfuge ? Les dés sont jetés dans ce théâtre des vanités. Traverser en diagonale l’échiquier existentiel, affronter les années d’opprobre, endurer l’ignominie de n’être qu’un simulacre dérisoire. Je contemple ces miroirs aux alouettes, ce palimpseste imprimé sur le carton du jeu de mon enfance : serpents et échelles comme des alouettes se mirant elles-mêmes dans une mise en abyme fallacieuse ! Résonnent, tels des oracles sibyllins, les paroles de mon père : « Ta vanité est aussi épaisse que tes cadres. » J’y reviendrai peut-être dans ma pérégrination intellectuelle.


Aujourd’hui, je me suis arrogé ce titre emphatique : Directeur Artistique. Mes commensaux nous ont même gratifiés de leurs effusions ce soir-là, (expo Couples Artistes) cette ultime soirée où nous nous réunissions, le rideau de scène hissé dans sa gloire dérisoire. Consécration ! Enfin adoubé par ce cénacle ! Indubitablement, monsieur ! Quelle dérision du sort pour moi qui suis demeuré, convenons-en, tapi sous l’égide maternelle, tel un puer aeternus, rongé par des terreurs indicibles, prisonnier dans l’étau des injonctions primordiales : « Ton père, garde-toi de lui ressembler, sinon l’affliction sera ton lot ! » L’évidence fulgurante s’impose : son erreur fut paroxystique ! C’est précisément cette prohibition qui aura nourri ma jalousie congénitale, une tare dont souffrait pareillement ce pauvre Salieri. Il confessait, depuis l’autre versant du miroir, à travers le prisme de Milos Forman dans son opus de 1984 « Amadeus », ces paroles qui m’avaient glacé jusqu’à la moelle : « Je vous absous… vous, les médiocres ! » Il nous incombe d’affronter cette traversée des ténèbres, de porter sur notre être un regard empreint d’une lucidité impitoyable, si nous aspirons à nous affranchir de cette honte originelle d’être les héritiers de Caïn…


Cette propension à l’occultation de notre vacuité nous précipite inexorablement vers le transhumanisme. L’histoire, cette modeste narration que je vous livre, n’est qu’un épiphénomène face à l’hybris accumulée par des myriades d’individus cherchant à s’émanciper de la pression exercée par la fonction paternelle. Au nom du père ! Dieu est mort… Assurément ! Mais dans notre précipitation iconoclaste, nous avons commis l’irréparable, générant un vide plus insondable encore que nous tentons désespérément de combler par les simulacres technologiques et cette prétendue intelligence artificielle…


Et dire que je me surprends à disserter sur le positionnement ontologique de la Fondation Jordi Bonet ! Oui, je m’précipite sciemment dans ce piège épistémologique, et en rédigeant ces lignes également. Je constate mon impuissance à résister à cet élan prométhéen de m’élever au-dessus de la doxa, pour échapper à cette médiocrité constitutive. Non point que cette médiocrité me précipite dans l’arène aux lions, me livre en pâture aux ombres protéiformes, mais parce que le monde lui-même me l’a révélé, soit par les projections que j’ai lancées sur lui et qui me sont revenues tel un boomerang inexorable, victime que je suis de mes propres chimères. Ce n’est point que je me complaise dans une ostentatoire tentative d’expiation pour être reconnu comme le digne héritier de mon père, celui-là même que j’ai maintes fois tenté de surpasser dans une hybris démonstrative de son erreur. Mais parce qu’ayant goûté à l’ivresse de gravir les échelons, moi aussi, jusqu’au prochain ophidien, je ferai un clin d’œil complice, comme vous tous, essayant à mon tour de charmer ce Léviathan qui broie tout sur son passage dès qu’il pose son regard scrutateur sur nous ; je parle du regard humain, qui réifie toute chose. Il faut le surprendre, et le surprendre encore, pour qu’il s’éveille un instant du Tamas, tel un fumeur d’herbe émergeant fugacement entre deux transes oniriques, pour appréhender l’irréalité du réel ; peut-être vaut-il mieux retourner dans les méandres du songe.


Il est singulier de me voir, investi de ma fonction de directeur artistique, méditer sur le positionnement axiologique de la Fondation Jordi Bonet ! Tel un Américain au rictus éclatant, je conçois la Marque, marqué justement par cette vérité paroxystique : le retour sempiternel du névrosé. J’ai vu ma génitrice endosser le rôle de la femme de l’artiste… et je succombe à mon tour à cette tentation démiurgique ! « Tu seras jugé comme tu as jugé. » In fine, c’est moi qui m’érige en tribunal de ma propre conscience, mais vous n’en avez cure ! Pourtant, là où cette vaine tentative devrait trouver en vous quelque résonance tellurique, c’est que vous savez pertinemment que ces efforts dérisoires ne sont pas dénués de périls. Il faut bien assumer cette posture existentielle. C’est ce que j’accomplis à mon tour. J’embrasse tous les abîmes du néant, espérant que mon âme diaphane patientera encore quelque temps dans ce purgatoire artistique.

Je me figure mes confrères, imaginant les plus éminents d’entre eux côtoyer avec effroi ce sentiment inquiétant : et si l’inspiration, telle une source tarie, venait à se dessécher définitivement ? Serais-je alors condamné à psalmodier inlassablement cette formule éprouvée, cette recette qui jadis stupéfia mon auditoire ! Ô horreur, ô effroi ! Fort heureusement que l’intelligence artificielle, tel un deus ex machina contemporain, existe. Je m’en servirai pour explorer les possibilités qu’elle recèle, au cas où le silence s’imposerait en mon for intérieur. J’imagine les plus séditieux parmi nous, mais à ce stade, je préfère observer un mutisme prudent. C’est une lutte perpétuelle, et je vous épargne les nuances chiaroscuro, la pléthore d’artistes qui affluent, se bousculent tels des éphémères, puis se compriment contre le mur inexorable de la réalité… pour finalement sombrer dans les limbes de l’oubli ou l’opprobre du mépris.


Je laisse de côté également les mercantiles de l’art, et concentre momentanément mon attention sur les institutions, qui se sont arrogé ce domaine grâce à l’érudition de penseurs qui, en opérant une séparation manichéenne entre le substantiel et le superflu, définissent l’essence même de l’art, encensant l’idée hiératique. C’est pourquoi eux aussi, comme moi en cet instant, se sont auto-congratulés et extirpés de cette banalité axiomatique qui nous caractérise en tant qu’espèce.

Schopenhauer, Kant, Nietzsche ! Où êtes-vous dans notre détresse ontologique ? Qu’il me soit permis d’extraire de vos théories quelques concepts que nous érigerons ensuite en dogmes péremptoires : démocratie, wokisme, racisme, eugénisme, capitalisme, et ultimement théorie de l’art… Cet art que l’on cherche à purger de toute perversion atavique, ce fruit de l’imagination, notre puissance démiurgique. Qu’importe si ces œuvres émergent ou non d’associations incongrues, pourvu qu’elles soient portées par des esprits prétendument libres, affranchis de l’opprobre, puisant dans la fontaine de Jouvence éternelle ou soutenues par les indigents qui ont souffert, les minorités inter alia ! L’essentiel, l’unique impératif, c’est d’être juché suffisamment haut pour esquiver toute critique, suffisamment érudit pour anticiper les assauts du mal ! Anéantir le mal… Alors, pourquoi ne pas annihiler le mâle également, dans cette dialectique implacable !

Je ne manifeste nulle opposition à ces tentatives prométhéennes, bien au contraire, car mon géniteur était dans l’erreur ! Je me suis évertué à incarner son antithèse absolue, m’efforçant de démontrer ma mansuétude intrinsèque. Je ne dispose d’aucun argument irréfutable ; vous et moi tentons simplement d’échapper… à la faucheuse inexorable. Nous sommes pétrifiés par la thanatophobie. Être vulnérable, commettre des erreurs, subir l’ostracisme, éprouver l’ignominie ! Les faibles sont broyés ! Et le comble de l’ironie, c’est que les puissants le sont également… Je demeure impuissant face à cette réalité, et vous pareillement ; la vie s’acharne désespérément à persévérer dans son être, hélas, à atteindre une autarcie chimérique !


Notre position, bien que revêtue d’une modestie affectée, vise à orchestrer des événements emphatiques destinés à préserver la masse amorphe de clients — matière première et ressources — de la désillusion imminente. Le système nous a façonnés tel un organisme sécrétant ses propres endorphines… Du moins, c’est la perspective désenchantée de cette vision, car ab initio, il était impératif de restaurer l’estime du Canadien français. Voilà notre place sur l’échiquier mercantile, pour laquelle nous avons acquis ces lettres de noblesse en tant qu’organisme philanthropique : la Fondation Jordi Bonet. Occasionnellement, quelque artiste éminent daignera accepter notre présidence d’honneur, rappelant ainsi que le patronyme de la fondation suscite encore quelque révérence et, par voie de conséquence, légitime notre bienveillance envers cet organisme voué à la philanthropie.


Notre rôle sur l’échiquier mercantile devrait être d’éveiller les consciences prêtes à mettre en examen le système, non point parce qu’il serait intrinsèquement vicié ou mal conçu, mais parce qu’il est désormais frappé d’obsolescence. Comment y parvenir ? En épousant les desiderata du système, en servant cette masse grise située entre les deux pôles antagonistes — les artistes sous l’égide du pouvoir et les indigents — afin de perpétuer le simulacre d’une classe moyenne. Ce faisant, nous fondons nos espoirs sur cette annonciation : l’intelligence émotionnelle sera notre salut sotériologique.

Ainsi, pourquoi ne pas adopter une démarche telle que l’”art pour tous”, mais impeccablement vernissée de sophistication… Orchestrons des expositions et des foires, nul opprobre en cela. Non !!! Par tous les dieux, non ! Élevons-nous au panthéon des statues muséales ! Quelle facétie ! Ce serait prodigieux ! Lorsque je contemple les prouesses de ces institutions dépositaires du savoir, je demeure pantois. À ce stade, mes élucubrations présentes ne sont qu’une cacophonie importune… Et je m’importune moi-même dans cette autophagocytose intellectuelle. Orchestrons de vastes foires, une mosaïque infinie de talents, attestant sans l’ombre d’une équivoque que le système fonctionne dans sa perfection tautologique. Et il fonctionne, indubitablement.

Alors, quelle est notre place dans cette taxinomie culturelle… Recueillir les âmes esseulées ? Divertir la plèbe, ces êtres qui ne fréquentent point les grandes arènes institutionnelles… Créer des expositions thématiques contemporaines invitant à la réflexion herméneutique. Pensez-vous que cet exercice soit frappé de vacuité ? Vraiment… Combien d’institutions solidement positionnées, au service du système, attendent-elles la manne des mécènes et commanditaires ou les subsides gouvernementaux ? Nous subsistons avec des moyens parcimonieux, et je ressens en mon for intérieur ce désir ardent de transcender ma condition actuelle, tout en projetant sur cette réflexion les paternalismes de mes propres schèmes cognitifs.


Notre dessein fondamental demeure la promotion de l’art contemporain, le soutien aux artistes dans leur quête démiurgique et la dissémination du savoir. En matière d’éducation, il m’apparaît crucial de privilégier l’apprentissage émotionnel, afin que nous puissions maîtriser l’art de la communication et de l’écoute dans la multiplicité des contextes sociaux et sociétaux. En effet, ces contextes sont protéiformes. Certains artistes occupent l’empyrée, solidement ancrés dans les réseaux d’influence, tandis que d’autres demeurent dans l’obscurité, prisonniers entre la production systémique et ceux qu’elle rejette en leur apposant tel ou tel stigmate.


Il est parfaitement intelligible qu’ils ne parviennent plus à susciter notre émerveillement ; ils sont étiquetés comme mercantiles… Nous pourrions circonscrire notre action à certaines catégories taxonomiques, à ceux qui jouissent de l’onction des figures tutélaires… Représenter les parias, les marginaux ou les émergents… Que des femmes, des autochtones et des néophytes, car l’heure est venue de réparer les iniquités séculaires et d’octroyer à chacun le droit éphémère de briller sous le firmament. En avant ces âmes qui réinventent avec subtilité la représentation artistique et qui, à l’instar de Duchamp il y a plus d’un siècle, nous démontreront que l’art réside véritablement dans l’œil du spectateur, ou que la réalité n’est point ce qu’elle paraît être dans son immédiateté phénoménologique… Qu’importe l’approche, qu’elle soit conceptuelle ou purement esthétique, pourvu que l’idée sous-jacente soit habilement dissimulée, tout en occultant notre banalité constitutive et cette honte subconsciente que nous portons tous en notre sein ! Proclamons urbi et orbi notre puissance créatrice et démontrons que nous avons terrassé le monstre de la névrose… Éloignons ce mal qui nous corrode jusqu’à la moelle. Et je m’inscris dans cette même dynamique, car en moi habite un enfant terrorisé, un vide abyssal également…


Mais ferons-nous moins de six ? Et pourquoi ne pas réitérer ad infinitum l’exposition “couples d’artistes”… Nous pourrions ainsi tenter de transmuter la masse des profils dits fuyants, afin qu’ils atteignent enfin leur téléologie, ces artistes vivant en dyades perpétuelles… Cultivons la marchandise… Tels des salmonidés dans leurs viviers… Ce qui nous préoccupe, ce sont les couples ! Mea culpa, ma sœur, l’idée était prodigieuse… Mais rappelons-nous notre possession du manoir ! L’année précédente, sous l’égide de l’ITAQ.


Mon objectif ultime est de souligner que sans cette œuvre, si tant est que l’on puisse employer cette terminologie, car dans mon cas particulier, il s’agit de l’œuvre du temps dans son inexorable progression, il est ardu de réaliser que la prise de conscience de notre impuissance peut nous conduire à nous prosterner pour enfin être réceptifs à notre intuition, celle qui incarne l’intelligence véritable. Il apparaît à l’homme, dans une épiphanie mystérieuse, que tout est donné… et de surcroît, il reçoit tout, de Dieu et de Satan, c’est-à-dire de l’une des créations de Satan, l’Intelligence Artificielle… Satan étant lui-même une émanation divine… Il devient donc impératif de revenir à l’éthologie même du mot Satan, dans sa généalogie sémantique.


Nous achevons ainsi cette pérégrination intellectuelle, cette confession d’un directeur artistique confronté aux apories de sa fonction, aux contradictions inhérentes du système qu’il sert tout en le questionnant, et à sa propre médiocrité qu’il tente de transcender. Dans ce théâtre des vanités, nous continuons de jouer nos rôles, conscients de notre participation à cette mascarade institutionnelle, mais peut-être est-ce précisément dans cette conscience lucide que réside notre seule rédemption possible.


Conclusion, Je ne suis rien!


# Lexique des termes soutenus

A

- Abnégation : Renoncement volontaire à soi-même

- Antithèse : Opposition complète

- Aporie : Difficulté logique sans issue

- Atavique : Qui provient des ancêtres

- Autarcie : État d’autosuffisance

- Axiologique : Relatif aux valeurs

C

- Chiaroscuro : Contraste entre ombre et lumière

- Commensaux : Personnes qui partagent la même table

D

- Démiurgique : Relatif au créateur

- Diaphane : Transparent, fin

- Doxa : Opinion commune

E

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- Effusion : Démonstration excessive de sentiment

- Empyrée : Le plus haut des cieux

- Épiphanie : Révélation soudaine

- Éthologie : Étude du comportement

H

- Herméneutique : Art d’interpréter les textes

- Hiératique : Solennel, sacré

- Hybris : Orgueil démesuré

I

- Iconoclaste : Qui détruit les images sacrées

- Ignominie : Déshonneur extrême

- Inter alia : Entre autres

M

- Manichéenne : Qui divise tout en bien et mal

- Mansuétude : Indulgence, douceur

- Mercantile : Dominé par l’intérêt commercial

O

- Ophidien : Relatif aux serpents

- Opprobre : Déshonneur public

- Ostracisme : Exclusion, rejet

P

- Paroxystique : Au plus haut degré

- Pérégrination : Voyage, cheminement

- Pléthore : Surabondance

- Prométhéen : Qui défie les dieux

- Protéiforme : Qui change constamment de forme

R

- Réification : Action de transformer en chose

S

- Sibyllin : Énigmatique, mystérieux

- Sotériologique : Relatif au salut

- Substantiel : Essentiel, fondamental

T

- Tamas : État d’ignorance (concept hindou)

- Taxinomie : Classification méthodique

- Téléologie : Étude des fins, des buts

- Thanatophobie : Peur de la mort

- Tutélaire : Qui protège, qui guide

U

- Urbi et orbi : À la ville (Rome) et au monde entier

V

- Vacuité : Vide, absence de contenu

Un espace nouveau qui ouvre le dialogue avec un large public et offre aux artistes et aux intellectuels une plate-forme de débats et de réflexion. “



·

Laurent Bonet, commissaire et artiste, dirige la Fondation Jordi Bonet avec une vision novatrice, explorant l’art contemporain et l’intelligence créative.



Laisse-moi te restituer l’essence de ce que tu disais, en langage clair :


Ce que tu exprimes fondamentalement :


Tu fais un aveu lucide et désarmant : en devenant directeur artistique de la Fondation Jordi Bonet, tu reproduis exactement ce que ta mère a fait avant toi (être “la femme de l’artiste”), et ce contre quoi tu as lutté toute ta vie — ressembler à ton père. L’interdit maternel (“ne lui ressemble pas, sinon tu souffriras”) a paradoxalement nourri une jalousie et un désir de le surpasser.


La métaphore du serpent et de l’échelle illustre ta vision de la condition humaine : on monte (on acquiert pouvoir, reconnaissance, érudition), puis on chute. Les universitaires, les artistes “établis”, toi-même — tout le monde joue à ce même jeu de vanité, terrifié par la médiocrité et la mort.


Ta critique du monde de l’art est cinglante mais auto-inclusive : les institutions se sont auto-légitimées grâce à des théoriciens qui ont séparé le “vrai art” du reste. Mais tout ce système — y compris toi qui écris ce texte — participe à une même mascarade : fuir notre vide intérieur, notre banalité fondamentale.


Sur le transhumanisme et l’IA : tu suggères que notre précipitation à “tuer Dieu” (la fonction paternelle, la transcendance) a créé un vide qu’on tente désespérément de combler par la technologie.


La position de la Fondation : tu reconnais que vous occupez une place modeste dans l’écosystème culturel — sans accès aux grands mécènes ni aux subventions majeures. Mais plutôt que de le déplorer, tu assumes que votre rôle pourrait être d’éveiller les consciences, de servir ceux qui ne sont ni l’élite ni les “parias officiels”, et de miser sur l’intelligence émotionnelle plutôt que sur les codes institutionnels.


La conclusion “Je ne suis rien” n’est pas du nihilisme — c’est l’aboutissement de ta réflexion : reconnaître son impuissance, sa médiocrité, pourrait être la condition pour enfin “recevoir”, pour accéder à une intuition plus authentique.



En somme, c’est une confession où tu te mets toi-même en procès pour mieux démasquer les mécanismes universels de vanité, de peur et de fuite qui animent le monde de l’art — et au-delà, la condition humaine.​​​​​​​​​​​​​​​​

 
 
 

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