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Apprentissage


L' autosabotage : sortir du rêve


Il est parfois déconcertant de constater à quel point nous pouvons entraver notre propre évolution. Nous aspirons à grandir, à nous élever vers une forme de plénitude intérieure, et pourtant nous persistons souvent à tourner en rond, à répéter les mêmes schémas défensifs et à nous saboter. Pourquoi ce phénomène est-il si répandu et comment y faire face ?


La notion d’autosabotage ne se résume pas à des difficultés ponctuelles ou à un simple manque de volonté. Elle touche à notre relation la plus intime : celle que nous entretenons avec nous-mêmes. Selon certaines approches, l’être humain est invité à se « dépasser » en préférant ce que l’on pourrait appeler le Divin — une dimension plus vaste, plus profonde, une Intelligence créatrice — à la petite image qu’il a de lui-même. Il ne s’agit pas de s’humilier, mais de reconnaître que le « moi » (cet avatar incarné que nous appelons notre personnalité) est constamment en devenir, et qu’il a bien plus à gagner en se laissant illuminer par le Divin qu’en se figeant dans la certitude de sa propre toute-puissance.


Étonnamment, plus nous consentons à cette position humble devant ce qui nous transcende, plus notre « moi » s’en trouve rénové. En reconnaissant notre dépendance à une force intérieure et supérieure, en admettant que nous ne sommes pas la source de tout mais simplement un canal, nous découvrons une forme de paix. Cette reconnaissance permet, en réalité, d’accepter pleinement la complexité et les contradictions de notre existence. Au lieu de tenter de les supprimer, nous apprenons à les intégrer, à les accueillir. C’est un cadeau inestimable, car il nous libère de l’illusion d’une perfection lisse et sans aspérités.


Dans ce parcours, la fonction paternelle joue un rôle clé. Sur le plan psychique, elle n’est pas seulement l’image du père biologique, mais une autorité intérieure qui nous aide à quitter le fantasme infantile de la toute-puissance. Cette fonction paternelle permet la rencontre authentique entre le moi et son « double » intérieur : l’âme. Autrement dit, elle nous guide vers une rencontre salutaire avec l’Autre, qu’il soit à l’intérieur de nous ou hors de nous. C’est grâce à cette présence symbolique que l’enfant cesse de s’imaginer maître du monde et découvre qu’il existe un ordre, des règles, une altérité. Ainsi, nous sortons du rêve solitaire pour entrer dans la réalité partagée.


Ce passage — du fantasme à la reconnaissance du réel, de la toute-puissance à l’ouverture vers l’Autre — est un acte de liberté. Il s’apparente à laisser la vie nous traverser, à accepter ce que l’on pourrait appeler la « volonté du Père », cette force intérieure qui reflète notre désir le plus profond, au-delà des marionnettes de l’ego. Au cœur de cette volonté se trouve notre véritable liberté, notre accès à la vie dans sa dynamique la plus pure.


Pour mettre fin à l’autosabotage, il ne s’agit donc pas de se livrer à une bataille contre soi-même. dans l'espoir de se perfectionner. Il s’agit de reconnaître que nous ne sommes pas seuls maîtres à bord, d’admettre que notre cheminement spirituel et psychique est nourri par une force qui nous dépasse et qui nous porte, pour peu que nous lui fassions une place. Le véritable courage consiste alors à abandonner nos défenses, à sortir du rêve, pour rencontrer en nous et autour de nous l’altérité, l’Autre, et à travers lui, la dimension divine qui éclaire notre incarnation. C’est en accueillant cette présence transcendante que nous cessons de nous saboter, pour enfin habiter pleinement notre humanité.

 
 
 

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